

Baroque "La Réjouissance"
L'ensemble baroque La Réjouissance a été invité à présenter un programme de musique italienne et allemande au 39e festival "Dimitria" à Thessaloniki (Grèce).
Stefano Intrieri, qui a accompagné au clavecin toutes les pièces de la soirée, a par ailleurs interpreté seul une toccate de Froberger avec exactitude et souffle rythmiques, en accord avec le style de l'époque. On a remarqué la Canzona de Frescobaldi pour violon et clavecin, qui a permis d'entendre avec plaisir les ornements à la fois rigoureux et virtuoses de Vassilis Tsotsolis, les imposants "ricercari" de Ortiz pour viole de gambe, qu'Isabelle Dumont a interpretés avec une remarquable éloquence, ainsi que la sonate pour violon de Biber, dans laquelle Katia Krasutskaya a su avec une exceptionnelle clarté nous imprégner des voix des oiseaux et d’autres animaux.
Avec sa technique et sa musicalité, parfaitement adaptées au style du 17e siècle, l'ensemble a réussi à envoûter le public par le charme de la musique baroque.
PROMENADE AVEC L'AMOUR, LA MORT ET LA GUERRE...
Depuis plusieurs années le Département Musical du Musée de l'Armée poursuit une programmation variée, originale et de très haute tenue. La plupart des concerts ont lieu dans un cadre prestigieux : le Salon d'Honneur. Cette soirée, outre une thématique fort séduisante, avait pour principal intérêt de donner à voir des marionnettes se mêlant aux chanteurs.
D'emblée, l'orchestre séduit par ses belles sonorités. Le ténor Sébastien Lagrave possède une voix chaleureuse et solaire, qui va gagner en rondeur au fil de la soirée, et une présence extravertie et généreuse. Belle et de fière allure, Florence Katz fait une entrée royale. Le Lamento d'Olimpia met en valeur toutes ses qualités : voix ronde et bien projetée, superbe présence, sens du geste et de la déclamation. Du grand art assurément.
Les pièces orchestrales qui interviennent par deux fois pour ponctuer l'action sont de belle facture. La première, composée par Johann Heinrich Schmelzer, maître de chapelle à la cour de Vienne, emprunte la forme du Lamento, qui correspond à la tonalité générale de la première moitié du concert. La seconde, écrite par Falconiero, maître de la chapelle royale de Naples, possède la forme de la Battaglia et annonce l'épisode suivant, celui du combat entre Clorinde, princesse sarrasine habillée en guerrier, et Tancrède, chevalier chrétien, tous deux amoureux.Il combattimento di Tancredi e Clorinda est une œuvre extrêmement puissante et bouleversante. De forme à la fois épique et “amorosa”, elle est dans son essence même la parfaite synthèse entre la guerre et l'amour, la mort étant forcément au rendez-vous, en l'occurrence celle de Clorinde, blessée par Tancrède, qui découvre alors sa véritable identité. Sébastien Lagrave assume avec panache et passion le rôle primordial du Récitant, toute l'action dramatique se déplaçant vers les deux marionnettes représentant Tancrède à cheval et Clorinde, la belle combattante. La présence de ces marionnettes sculptées "à l'ancienne" apporte un surcroît de tension au drame : l'issue fatale s'avére encore plus poignante. Ainsi que le souligne le marionnettiste Jean-Marie Pichon, "Les personnages, comme des marionnettes, sont manipulés : par leur destin, par des a priori qui les empêchent de voir l'autre tel qu'il est et d'en accepter les différences". De ce fait, la mise en scène, se concentrant sur les deux pupazzi, s'enrichit d'une épaisseur et d'un poids nouveaux. De cette mise en abyme vertigineuse, le spectateur captivé - l'exceptionnelle qualité d'écoute du public peut en témoigner - ressort troublé, bouleversé, mais heureux.
II convient de saluer tous les protagonistes de cet événement de grande qualité, inventif et original.
Voix et orgue en symbiose
Un récital voix et orgue donné par deux brillants musiciens, la soprano Sandrah Silvio et l’organiste Stefano Intrieri qui ont proposé un concert dédié aux musiques italiennes des XVIe et XVIIe, autour d’oeuvres de Monteverdi, Frescobaldi, Cavazzoni, de même que Froberger et Pieter Cornet. Sandrah Silvio et Stefano Intrieri ont offert au public un moment musical de très grande qualité, tout en mettant en valeur leur grand talent. La générosité des sonorités tant dans la voix que de l’orgue a donné à chacun des morceaux interprétés un relief incomparable. L’auditoire a été boulversé par tant de beauté, acclamant les musiciens...